jeudi 24 mai 2007
réunion Guénhaël Huet (libre et indépendant) à St Pois - mardi 15 mai - le compte-rendu
Après Frédérique Heurguier, candidate du Parti Socialiste venue le 10 mai dernier, c'est au tour de Guénhaël Huet, candidat libre et indépendant (divers droite) accompagné de son suppléant Albert Bazire de tenir meeting à St Pois cinq jours plus tard, le 15 mai 2007.
La réunion s'est tenue à la salle des associations. Aucun incident technique n'a été relevé au cours de la réunion contrairement à celle de la candidate socialiste.
Environ 70 personnes étaient présentes dans la salle, le double d'audience par rapport à la réunion de la candidate Heurguier. Il est vrai que le candidat de droite est sur un terrain acquis à droite traditionnellement conservateur comme l'ensemble de la circonscription, sans être encore conquis par le candidat Huet.
Le temps que les gens arrivent et s'installent le tandem Huet/Bazire aidé de quelques supporters agrafent sur le mur la banderole "Guénhaël Huet, un député vrai pour le sud-Manche".

Vers 20h45 la réunion débute par deux présentations vite expédiées faites par deux élus locaux Casimir Lechevalier, maire de Saint-Pois et Gérard Chenel, maire de Lingeard et conseiller général du canton de St Pois.
Les deux élus, leur allocution terminée, restent assis a proximité du candidat et de son suppléant.
Le candidat libre et indépendant prend la parole. On entre dans le vif du sujet.
Tout d'abord le candidat Huet présente son suppléant Albert Bazire tout nouvellement désigné. Il explique pourquoi il a choisi le maire et conseiller général de Sourdeval comme suppléant : "c'est un homme d'engagement et de conviction".
l'intervention de Guénhaël Huet (21h50) :
1. "quel est le sens de mon engagement?"
"Chacun a la possibilité et le droit de se porter candidat à toutes les élections. Encore faut-il avoir une motivation, des raisons."
Le candidat Huet propose son "engagement au service du sud-Manche". Selon l'orateur le ticket permet une répartition des candidats sur le territoire : "(...) Albert Bazire le Mortainais et Guénhaël Huet l'Avranchin. (...) L'équipe Huet/Bazire, c'est une équipe d'hommes de terrain".
Le maire d'Avranches affirme qu'ils ont "la légitimité du terrain" et il l'explique : "pour bien représenter et défendre la circonscription, il faut bien la connaître. Il faut être là depuis un certain temps."
Le maire d'Avranches précise qu'il est sur le territoire depuis 23 ans et Albert Bazire depuis plus longtemps encore.
"Le terrain ne s'apprend pas dans les livres à l'ENA" affirme Guénhaël Huet, précisant au passage qu'"il ne fait pas d'attaque envers qui que ce soit". Mais il rappelle quand même que "la légitimité du terrain est plus important que la légitmité de Paris".
2. un projet pour le sud-Manche et pour le pays.
Le candidat libre et indépendant rappelle le rôle du député. "Le député a une double fonction :
- nationale : voter les lois, fabriquer le budget de l'Etat et contrôler l'action du gouvernement,
- locale : le député représente la circonscription. Défendre et représenter la circonscription nécessite de bien la connaître".
les propositions du candidat :
- "il faut redonner au travail sa vraie place, c'est-à-dire la première. il faut que les revenus tirés du travail soient supérieurs aux revenus du non travail. (...) Il ne faut pas supprimer les mécanismes de solidarité (vieillesse, accident de la vie, maladie). Il ne faut pas confondre la solidarité avec l'assistanat qui est mauvais, nocif. (...)".
- "il faut sauvegarder le système de protection sociale. La France a le meilleur système de solidarité du monde". Le candidat Huet rappelle la création des régimes sociaux après la guerre, le bon fonctionnement pendant 40 ans en raison de la croissance économique et les premières difficultés dans les années 1975 avec les chocs pétroliers et les crises économiques qui s'en suivent.
"le système de solidarité rencontre des difficultés financières qui mettent en danger l'assurance maladie et la vieillesse. il est nécessaire de faire des réformes douces pour préserver le système, notamment payer les pensions des retraités". - "il faut réduire la dette publique". L'orateur rappelle son montant : 1200 milliards d'euros. "Il faut la réduire pour les générations futures et pour nous. Pour rembourser la dette, on doit payer des impôts sur les ménages et sur les entreprises. Cela, c'est de l'argent en moins pour consommer (les ménages) et pour investir (les entreprises). Cela engendre moins de croissance économique, donc moins de création d'emplois, moins de rentrer d'argent pour la sécurité sociale et pour les collectivités locales. (...)
"Réduire la dette : c'est un moyen mais aussi un objectif qui ne peut ce faire que sur une échéance de 10-15 ans" précise le candidat. - "il faut sauvegarder les services publics en milieu rural. Depuis 25 ans la décentralisation a été mise en place, ce qui signifie moins de compétences de l'Etat au profit des collectivités territoriales". Le maire-conseiller général estime que les écoles, les perceptions, les bureaux de Poste auraient dû être délégués, transférés vers les collectivités locales.
Selon le candidat avec la décentralisation "on devrait supprimer des emplois à Paris et non en Province. Eh bien non, en pratique, c'est l'inverse. Depuis 25 ans les ministères ont augmenté leur effectif alors que leurs compétences ont diminué". M. Huet donne quelques informations sur le salaire d'un administrateur civil (dans un ministère), 4.000€ et celui d'un instituteur, 1.300€. Le candidat fait un simple calcul : "on supprime un poste d'administreur, on sauve 3 postes d'instituteurs!" - "il faut préserver l'agriculture, l'une des richesse de nos régions". il reconnait que "le métier à évolué depuis 25 ans : les techniques, les modes d'exploitation, ... ont changé".
Ses solutions : "1- le revenu des agriculteurs doit être tiré plus de la production agricole et moins des subventions et 2- il faut faciliter, favoriser l'installation des jeunes agriculteurs." - "il faut préserver l'environnement. L'environnement est au coeur de nos conduites et de nos actes. On ne peut pas laisser aux générations futures un environnement dégradé. Cela suppose des efforts de chacun". Le maire-conseiller général d'Avranches souhaite développer le tri sélectif, les économies d'énergie et de l'eau, "source rare".
Sur ce thème, il évoque un sujet sensible sur le canton de St Pois, le CET (centre d'élimination technique ... des déchets ménagers) qui pourrait être installée à Cuves. Le candidat y est opposé, de même il n'est pas favorable au site d'Isigny-le-Buat. L'autre lieu envisagé, St George de Roualley, le candidat demande un débat ...
En conclusion de son intervention, il rappelle son engagement total avec Albert Bazire, sans attaque envers qui que ce soit.
il laisse la parole à son suppléant après quelques applaudissements.
l'intervention d'Albert Bazire (21h35):
Il précise d'entrée ne pas vouloir rappeler ses fonctions [maire et conseiller général de Sourdeval] "sauf que je m'occupe au Conseil Général du commerce et de l'artisanat".
Il dit connaître et travailler avec Guénhaël Huet depuis longtemps. Il rappelle son hostilité au parachutage de Philippe Bas, précisant "être un des premiers élus à s'être manifesté contre ce parachutage". Il estime qu'"il y a des gens compétent dans le sud Manche. C'est ma conviction et celle de Guénhaël Huet".
A. Bazire souhaite "la simplification des choses administratives". Il "compte sur Guénhaël Huet s'il est élu d'aller dans ce sens".
Il rappelle sa volonté de ne pas subir le "diktat de Paris".
Il souhaite des "élus accessibles : Guénhaël Huet en est un, c'est un bon candidat pour le sud-Manche".
Fin de l'intervention.
le débat / les questions réponses (21h45)
- "les lourdeurs administratives, on en entend parler depuis des années mais cela ne s'arrange pas!" questionne un maire rural qui est confronté au quotidien à cette problématique d'autant qu'il n'a pas un niveau d'étude important, de personnel pour conseiller.
Le maire d'Avranches répond qu'il pratique le droit depuis 25 ans. "Le droit n'a pas été simplifié. En France il y a trop de textes."
"Les élus ne doivent pas laisser les fonctionnaires faire le travail à leur place, décider à leur place. La haute fonction publique, la technocratie a trop de poids. il ne faut pas confier des mandats électifs à des hauts fonctionnaires (ENA, Cour des comptes, mines) sinon on va à la catastrophe" (...). - deux questions posées par la même personne: l'une sur le syndicat mixte défendu par le candidat et l'autre sur la gestion de l'espace.
Guénhaël Huet avant d'expliquer ce qu'est un syndicat mixte rappelle le constat suivant : "l'Avranchin a un développement économique supérieur au Mortainais. (...) Cette croissance est liée à l'A84 et la RN 176".
"Le syndicat mixte est le seul outil,moyen pour répartir les richesses dans une région. (...) Il en existe déjà dans la Manche à Cherbourg, St-Lô et Coutances. Pourquoi n'en existe-t-il pas dans le sud-Manche".
Le candidat évoque des problèmes relationnels entre Jean-François Legrand, président du Conseil Général d'une part et René André , ancien député et Jean Bizet, sénateur d'autre part.
Il affirme que 10 à 12 communautés de communes sur 16 dans le sud-Manche sont favorables au syndicat mixte mais "rien n'est fait". Guénhaël Huet souhaite mettre en place le syndicat mixte avant la fin de l'année.
Il explique son fonctionnement : "c'est une association de communautés de communes" et précise son mode de financement qui est double. La première ressource est la taxe professionnelle payée par les entreprises. Au lieu qu'elle soit versée à la communauté de communes, elle le serait au syndicat mixte. La seconde ressource est la subvention du Conseil Général de la Manche. M. Huet affirme que le CG 50 aurait versé 5,5 millions d'euros aux SM existants [chiffres sous toute réserve].
Avec ces recettes, il serait possible, selon Guénhaël Huet, de désenclaver la Mortainais en modernisant les routes et lignes ferrovières, ce qui permettrait son développement économique. Il cite les voies suivantes : la RN 176 (axe le Teilleul, St Hilaire, Pontaubault), l'axe Vire-Sourdeval-Mortain-St Hilaire et la ligne SNCF Paris-Granville.
A la deuxième question sur l'aménagement de l'espace rural, le candidat répond qu'"il existe des textes (SCOT, PLU) qu'il faut appliquer, si besoin les simplifier". - question sur le non cumul des mandats.
Le maire d'Avranches dit que "la loi de Jospin sur le non cumul des mandats est une bonne loi. 2 mandats sont suffisants. S'il est élu, il abandonnerait le mandat de conseiller général" [du canton d'Avranches]. - question de sa réintégration dans l'UMP s'il est élu.
le candidat : "il y a 577 circonscriptions en France. A chaque élection il y a des situations où quelque soit le parti politique, Paris essaie d'imposer des candidats.
L'investiture c'est Paris qui décide. (...) Sur le terrain il arrive que cela ne soit pas accepté". (...) Le candidat local généralement l'emporte sur le candidat investi. (...)
Le parti politique reconnait toujours le résultat des urnes et demande au candidat non investi s'il veut réintégrer le parti".
Rajoutant : "Si dans les 3 semaines il y avait des pressions, cela ne me gênerait pas. Au contraire, cela me renforcerait et se poserait la question de réintégrer ou non l'UMP".
Il poursuit : "un député seul est inefficace. Il faut appartenir à un groupe et sa famille c'est l'UMP". (...) Il dit avoir vocation de réintégrer l'UMP s'il est élu précisant qu'actuellement il est en congé.
M. Huet répète qu'il ne fera aucune attaque personnelle, mais affirme que la personne investie [Philippe Bas] a essayé d'être investi dans 3 autres circonscriptions : "la 2e circonscription est la 4e tentative". - question sur la procédure de l'investiture UMP dans la Manche.
L'explication donnée par le candidat est assez technique mélangeant statut de l'UMP (national, départemental), votes, .. [pas de compte-rendu à ce sujet pour éviter des erreurs] - "Faut-il fermer l'ENA?" interroge un participant.
Le candidat Huet est favorable considérant l'ENA comme une école inégalitaire. - question sur la carte scolaire.
L'orateur n'est pas partisan à la suppression de la carte scolaire. "Le libre-choix pourrait nuire aux écoles. L'école c'est la richesse de la commune, il faut éviter leur suppression". - question sur la position du candidat Huet sur la THT (ligne très haute tension).
"Je ne suis pas un antinucléaire et je ne vais pas l'être pendant la campagne. (...) Le nucléaire, c'est indispensable à la production énergétique en France" répond le candidat complétant qu'"il ne faut pas un tout nucléaire. Il faut diversifier. Il faut promouvoir d'autres sources d'énergie : l'éolien, le solaire, la biomasse".
Pour le candidat le nucléaire pose deux problèmes : la sureté (accident) et le transport (atteinte à l'environnement avec les pylones).
Sur ce dernier point, M. Huet fait 2 propositions : 1- la vente d'électricité à l'étranger pourrait financer l'enfouissement des lignes sur certains tronçons. Autre piste la possibilité d'utiliser des lignes THT existantes sous utilisées. 2- la vente d'électricité EPR aux autres régions limitrophes (Bretagne, Pays de Loire, Haute-Normandie) qui pourrait être gérée par le Conseil Régional de Basse-Normandie. "Le Conseil Régional procède déjà à des coopérations avec d'autres régions (baie du Mont St Michel, transport, ...)"... - dernière question sur ... les 35 heures.
Pour Guénhaël Huet "les 35 heures, c'est une catastrophe. C'est gagner plus en travaillant moins."
Le candidat remercie l'assistance, répétant qu'il soutiendra le sud manche s'il est élu et propose à l'assistance le verre de l'amitié.
Les chaises sont enlevées pour faire de la place. C'est l'occasion autour d'un petit verre de vin de discuter de la pluie et du beau temps, des labours, vêlage et accessoirement politique.
J'ai fait à cette occasion connaissance de plusieurs personnes dont un montpelliérain de passage dans la région. Avec ce dernier, une discussion intéressante a été engagée sur le paysage politique d'après l'élection présidentielle et autres sujets.
En conclusion le candidat Huet laisse une plutôt bonne impression. Un de ses supporters l'a trouvé meilleur ce soir qu'à la réunion précédente, la première d'après la présidentielle, à Isigny le Buat. Une question de rodage vraisemblablement.
Je l'ai trouvé égal à lui même, serin, convaincu dans ses propos sans être toujours convaincant (ex transfert des services publics vers les collectivités locales).
Il dit ne pas attaquer personnellement son adversaire direct, Philippe Bas. Effectivement il ne cite pas son nom, mais tout est en sous-entendu à travers ses critiques à l'encontre de la haute-fonction publique, de l'ENA, ...
Prochain candidat visité : Philippe Bas mercredi 30 mai à Saint Pois, commune référence pour le 1er tour de la campagne des élections législatives.
vendredi 18 mai 2007
réunion Frédérique Heurguier (PS) à St Pois - jeudi 10 mai - le compte-rendu
La commune de St-Pois ouvre la série des quinze réunions organisées par le tandem Frédérique Heurguier, candidate socialiste à l'élection législative et Frédéric Marchetti son suppléant.
Petit focus sur le canton et la commune de St Pois.
Situé au nord-est de l'arrondissement, entouré au nord par le département du Calvados, à l'ouest par le canton de Brécey, au sud par celui de Juvigny-le-Tertre et à l'est par celui de Sourdeval, le canton de St Pois est l'un des moins peuplés de la circonscription. Il occupe l'avant dernière place en nombre d'habitants (2.921), dépassant de 400 habitants son voisin le canton de Juvigny-le-Tertre.
La densité de population du canton est d'environ 50 habitants au km2 (source INSEE - 1999) inférieure du double à la moyenne française (108).
10 communes composent ce canton : Boisyvon (106 hbts), Coulouvray-Boisbenâtre (537), la Chapelle-Cécelin (215), le Mesnil-Gilbert (154), Lingeard (86), St-Laurent-de-Cuves (481), St-Martin-de-Bouillant (305), St-Maur-des-Bois (138), St-Michel-de-Monjoie (371) et St-Pois (528), chef lieu de canton.
L'activité économiquement du canton repose essentiellement sur l'agriculture et l'artisanat. Peu d'industrie à l'exception de deux entreprises d'extraction de pierre à St-Michel-de-Monjoie et d'une entreprise en ébénisterie et agencement de luxe James Ebénistes à St-Laurent-de-Cuves (cf. photo à droite).
Cette dernière commune est connue nationalement à travers son festival de musiques actuelles les Papillons de Nuits
qui se déroulent le week-end de la Pentecôte. Un des 10 festivals les
plus importants en France. Comme quoi la faible démographie d'une
commune n'empêche pas sa renommée.
Politiquement, le canton est enraciné profondément à droite comme la quasi-totalité des cantons dans la circonscription.
Lors
du 2e tour de l'élection présidentielle dimanche 6 mai, le canton a
voté à 65% pour Nicolas Sarkozy (UMP) et 35% pour Ségolène Royal (PS);
Nicolas Sakozy arrivant dans 9 communes largement en tête à l'exception
de la commune ouvrière de St-Michel-de-Monjoie où il est ex aequo avec la candidate socialiste (119 voix chacun).
La candidate socialiste Frédérique Heurguier et son suppléant n'arrivent donc pas, loin de là, en terrain conquis.
C'est le conseiller-général du canton, maire de la plus petite commune du canton - Lingeard -, M. Gérard Chenel, membre de l'UMP, qui a accueilli sympathiquement la candidate socialiste et son suppléant jeudi 10 mai à la salle de associations.
Quelques petits problèmes techniques (électricité subitement coupée suite vraisemblablement à un récent orage) ont obligé les participants (une trentaine) à changer de salle avant que ne débute la réunion.
Parmi le public étaient présents quelques élus, le maire de St-Pois Casimir Lechevalier, celui de St-Laurent-de-Cuves Louis Hamelin (que l'on peut voir sur une vidéo) et celui du Mesnil-Gilbert M. Lemarchant et une correspondante de presse de l'hebdomadaire trans-départemental la Voix le Bocage.
A noter aussi la présence d'un couple de retraités anglais habitants le canton intéressés par la campagne législative dans la circonscription même s'ils ne pourront voter car n'ayant pas la nationalité française. Happy nice people.
La petite présentation de Gérard Chesnel faite, il quitta la salle en laissant la parole aux candidats.
A - l'intervention de Frédérique Heurguier
Mme Frédérique Heurguier après avoir remercié l'assistance de leur présence fait le point sur sa campagne. Elle précise que deux séries de réunions ont eu lieu.
La première qui s'est déroulée janvier-février visait à faire connaître sa candidature et celle de son suppléant à travers la circonscription.
La seconde plus liée à l'élection présidentielle a été l'occasion d'inviter des personnalités politiques sur Avranches et les environs, citant Jean le Garrec, Marie-Noelle Lienemann ancien ministres, Philippe Bodart référent en matière développement durable et Isabelle Thomas candidate socialiste sur St Malo au sujet des problématiques autour de la baie du Mt-St-Michel.
La candidate par la suite se présente. Elle informe l'assistance qu'elle est née dans la Nièvre de parents agriculteurs, précisant qu' "elle n'est pas dépaysée d'être dans la Manche".
Conseillère régionale lors des élection de 2004, elle est membre de Conseil d'Administration des lycées d'Avranches et de Mortain. Elle précise qu'elle est présidente de nombreuses structures :
- comité de ligne ferroviaire Caen-Rennes. "la ligne a pris beaucoup de retard, cela est regrettable, même si cela s'améliore avec la modernisation de la ligne, la rénovation des gares, la mise en service de nouveaux trains".
Elle évoque une réflexion d'une nouvelle liaison ferrovière Trans'Baie entre Granville et St-Malo. - syndicat mixte littoral visant à préserver le littoral (citant au passage le problème d'érosion des dunes à Genets).
Puis c'est au tour de son suppléant, Frédéric Marchetti de se présenter.
Il fait part du déséquilibre entre la partie est et ouest de l'arrondissement disant "j'ai l'impression que Saint-Pois n'a pas évolué depuis 30 ans. Qu'ont fait les élus?" souhaitant un développement équilibré entre le littoral et le bocage.
Frédérique Heurguier reprend la parole.
Elle souhaite que ces élections législatives soient l'occasion d'un renouvellement politique.
Elle compare la situation avant-après 2004 (élection régionale remportée par la gauche) où "avant 2004 les élus de différents s'opposaient pour avoir des subsides, où seules les relations comptaient : la politique de guichet" et la "situation actuelle entreprise par le nouveau Conseil Régional [PS] qui porte ou fait porter des projets en cohérence sur les différents territoires".
Elle souhaite une meilleure parité femmes-hommes à l'Assemblée
Nationale, rappelant que l'UMP présente 30% de candidates femmes alors
que le Parti Socialiste en présente 50%.
Viennent ensuite les propositions de la candidate socialiste concernant la circonscription :
- comment rendre le territoire attractif et dynamique,
- promouvoir la solidarité,
- valoriser l'espace de vie
- la citoyenneté et la démocratie.
1. comment rendre le territoire attractif et dynamique
soutien ferme des TPE (très petites entreprises), PME (petites et moyennes entreprises), de l'artisanat et du petit commerce.
"Il faut aider les projets associatifs", mettant en avant les emplois-tremplin initiés par le Conseil Régional et donne l'exemple du festival des Papillons de Nuit dont un emploi a été pérénnisé par ce système.développement et désenclavement du territoire : moderniser la RN 176 (axe sud Manche) et mettre en place rapidement la déviation est d'Avranches pour désenclaver le Mortainais.
- soutenir le logement : instauration d'un plan d'urgence pour accéder au logement (référence au bouclier logement : le loyer ne doit pas excéder plus de 25% du revenu), faire respecter la loi concernant le nombre minimum de logements sociaux par commune et la promouvoir l'éco-construction.
2. promouvoir les solidarités
- les services publics.
constat : fermeture des bureaux de poste, des perceptions, redéploiement des structures de l'équipement (DDE), d'EDF ou France-Telecom.
Il faut faire cesser le démantèlement des services publics en milieu rural. - les structures de la petite enfance.
il est nécessaire de développer les crèches, les assistantes maternelles, la scolarisation des très jeunes enfants si l'on veut attirer des jeunes couples sur le territoire. - la santé.
Des dispensaires, des maisons médicalisées doivent être créés pour rapprocher les habitants des services médicaux. - valorisation des retraites.
Elue à l'Assemblée Nationale, Frédérique Heurguier souhaite faire augmenter les petites retraites.
Elle conteste la proposition de Philippe Bas et Xavier Bertrand alors au ministère de la Santé d'instaurer un forfait de 100€ pour les 1ers soins.
Elle rappelle le principe de solidarité selon lequel les plus riches aident les plus pauvres.
3. valoriser l'espace de vie
"Nous n'héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l'empruntons pour nos enfants" rappelle la candidate socialiste en citant la phrase d'Antoine de St Exupéry.
- les problématiques environnementaux du sud-Manche : la ligne THT, le centre d'enfouissement technique (CET) et le barrage de Vezins.
La ligne très haute tension (THT) : Nicolas Sarkozy élu président de la République, le réacteur EPR sera développé et la ligne THT construite. Dans cette hypothèse, il est nécessaire d'enfouir la ligne partout où c'est possible.
Elle rappelle que l'énergie nucléaire reste une énergie dangereuse (déchets, problème de sureté, ...).
Il est nécessaire d'investir dans les énergies renouvelables, plus respectueuse de l'environnement, d'autant que la France a pris un retard énorme par rapport à ses voisins européens - une agriculture raisonnée et raisonnable.
3 points abordés : la promotion de la filière courte (vente la plus directe du producteur au consommateur), la maîtrise et protection des ressources rares (notamment l'eau) et la garantie d'un salaire décent pour l'agriculteur plus en rapport avec sa production.
Frédéric Marchetti, le suppléant, précise "dans le Mortainais, l'agriculture est raisonnée, pourvue que cela dure!" s'opposant fermement aux productions hors-sol.
4. citoyenneté et démocratie
Frédérique Heurguier rappelle le besoin nécessaire de renouvèlement des élus, pour certains en place depuis de nombreuses décennies. Elle cite l'exemple de René André qui a été député pendant 23 ans!
"Le renouvellement politique doit se faire avec la parité hommes-femmes, c'est à dire une représentation plus importante des femmes dans la classe politique" souligne la candidate.
Elle réclame un non-cumul des mandats en nombre et en durée. 2 mandats, selon la candidate socialiste, suffisent.
Elle prône la démocratie participative avec des compte-rendu de mandats aux électeurs à l'exemple de ce que pratique le président socialiste du Conseil Régional, Philippe Duron.
B - le débat : questions-réponses
- réaction de M. Louis Hamelin, maire de St Laurent-de-Cuves "vous dites que les élus n'ont rien fait,
c'est injuste".
réponse de M. Marchetti, visé : "les élus visés ne sont pas les élus locaux (communaux), mais départementaux et au dessus", poursuivant en disant que "P. Bas ou G. Huet sont dans la continuité de René André". - Discussion autour de la fermeture d'éventuels collèges dans le sud-Manche et le fait que c'est Jozeau-Marigné [qui fut à l'époque très influent sur le territoire es qualité de sénateur, conseiller général, ..............] qui a voulu mettre un collège dans chaque canton, alors que cela ne se justifiait pas toujours.
- M. Lemarchand, maire du Mesnil-Gilbert est d'accord que l'écart entre le Mortainais et l'Avranchin n'a cessé de se creuser.
- la question des déchets est abordée. La candidate souligne le manque de concertation entre élus, la confusion des genres entre intérêts privés et publics, le non respect de la réglementation par rapport à certains projets (ex bande de 100m des habitations).
L'enfouissement doit être la solution ultime. La candidate socialiste souhaite tout d'abord sensibiliser les citoyens sur la problématique des déchets en favorisant le tri sélectif et trouver des solutions de valorisation et de traitement des déchets (incinération avec des techniques modernes non polluantes, méthanisation, ...).
Un participant cite l'exemple du département du Jura. Il existe dans ce département un incinérateur dont l'activité est valorisée par la vente de l'énergie à EDF et par le chauffage des logements situés à proximité. Seulement 10% des déchets ne peut être traité, et doit être enfoui.
La candidate dit qu'il est de la responsabilité politique des élus de voir ce qui se passe ailleurs. Il faut prendre les bonnes idées là où elles sont. - la problématique des maisons de retraite est évoquée qui sont des véritables mouroirs selon une dame présente dans le public.
- question : "les députés ne servent plus à grand chose".
"Ils doivent défendre les projets locaux auprès du préfet" répond la candidate. "Ils devraient rendre des comptes, ils ne le font pas". - question d'actualité et très locale : "le centre éducatif fermé sur le canton de St Pois. Quelle est la position de la candidate?" demande un intervenant.
Sur la forme, la candidate répond que son impression première est celle d'un manque de concertation entre les élus et la population locale. Sur le fond, elle dit qu'il est nécessaire de trouver des solutions avant l'emprisonnement des mineurs ayant commis des délits.
Frédéric Marchetti, responsable d'un centre médico-social, précise qu'il existe peu de solutions pour les enfants en difficultés, sans repère. "Si rien n'est fait, la solution est soit la prison, soit l'hôpital psychiatrique. Ce n'est pas satisfaisant. Des solutions doivent être trouvées, mais cela doit se faire en concertation avec la population locale".
Le maire de St Pois Casimir Lechevalier, un des initiateurs du projet, concède que la communication n'a pas été bonne avec la population ... - le maire Mesnil-Gilbert dit que "les "politiques" bloquent des dossiers, ce qui dégoute le citoyen à faire de la politique".
Il s'interroge sur le devenir des communes.
Sur ce dernier point, le suppléant acquiesce. "Il est de plus en plus difficile de trouver des conseillers municipaux dans les petites communes. Frédéric Marchetti, maire-délégué de Chalendrey, propose la solution adoptée sur son canton Isigny-le-Buat, à savoir la commune-canton. (...) De 123 élus avant sur l'ensemble des communes du canton, il n'en reste que 23 avec des maires délégués dans chaque commune associée". Il précise que cette solution de commune-canton n'est pas transposable partout. - question posée sur la presse locale.
La candidate socialiste constate que le territoire est encrée à droite. Les élus sont proches des journalistes. Elle cite l'exemple de Philippe Bas "on voit sa tête partout, (...) on a l'impression qu'il est là depuis des années".
Elle confirme qu'il n'y a pas malheureusement d'égalité de traitement entre candidats dans la presse ... - Le problème des médecins qui ne sont pas remplacés.
Mme Heurguier regrette que les jeunes praticiens ne viennent pas sur le territoire qui ne leur semble pas attractif. Elle approuve la politique du Conseil Général de financer les études des étudiants en médecine contre l'engagement de venir s'installer dans le département.
La réunion se termine vers 23h00.
Divers participants restent à discuter avec la candidate et son suppléant.
On apprend à l'occasion deux informations déjà dévoilées il y a quelques jours :
- la désignation d'Albert Bazire comme suppléant du candidat divers droite Guénhaël Huet,
- la rumeur d'une possible avancée de la date des élections municipales de 2008 à la fin 2007.
la commune de Saint Pois sera la commune référence pour les compte-rendus de campagne législative sur le blog.
J'aurais pu trouver une commune plus proche car Avranches-St Pois, c'est 54 km et une heure aller-retour.
Mais ce petit bourg est assez charmant. Voilà; quand on aime on ne compte pas.
Après Frédérique Heurguier, c'est Guénhaël Huet qui était en réunion à St Pois mardi 15 mai. Le compte rendu devrait être mis en ligne le week-end prochain.
Pour info, le passage à St Pois du futur-ex ministre et candidat UMP Philippe Bas est fixé au mercredi 30 mai.
