D’aucun se demandent pourquoi autant de candidats se présentent lors de ces élections législatives: 7.639 candidats (dont 41,6% de femmes) pour 577 circonscription soit en moyenne 13,2 candidats par circonscription; cf. communiqué de ministère de l'intérieur.
Dans notre bonne et chère 2e circonscription Avranches-Mortain, ce n’est pas moins 13 candidatures qui ont été enregistrées en Préfecture (une de plus par rapport aux dernières élections en 2002); ce nombre est dans la moyenne nationale précitée.
Qu’est-ce qui peut motiver les partis et mouvements politiques à investir autant de candidats sachant qu’il n’y aura qu’un seul lauréat dans chaque circonscription?
La réponse: l’argent.
Les résultats des élections législatives sont déterminante, car ils servent de base non seulement au remboursement des frais de campagne des candidats mais surtout au financement des formations politiques.

Le financement des partis.
Tout parti a des frais de fonctionnement (en personnel, locaux, …) qu’il convient de couvrir par des recettes. Faute de réglementation dans le passé, des dérives s’étaient généralisées : fausse-factures, emplois « fictifs », …
Le législateur (Assemblée Nationale et Sénat) a assaini et moralisé la situation en précisant les modes et conditions de financement des formations politiques.

Dorénavant les formations politiques sont financées principalement par l’Etat.
Cette aide est en partie liée aux résultats obtenus lors des élections législatives. En cas de mauvais score électoral, le parti politique est naturellement amené à réduire ses frais de fonctionnement (licenciement, …), l’aide publique étant réduite.
Le montant de l’aide publique est versée chaque année aux partis et mouvements pendant toute la durée de la législature et revu à chaque élection législative.
Mais pour percevoir l’aide publique une condition est à remplir. Il est nécessaire que la formation politique recueille au moins 1% des suffrages dans 50 circonscriptions différentes en métropole ou 1% dans une circonscription des DOM-TOM.
On comprend pourquoi les formations politiques cherchent à investir un maximum de candidats à travers tout le territoire. Le premier objectif est de remplir la condition pour accéder au financement public et le second d’obtenir un maximum de suffrage pour les raisons qui vont suivre.

L’aide publique (80,3 millions €, base 2002) des formations politiques de se décompose en deux parties : « la première fraction » et « la deuxième fraction ».
« La première fraction » du financement des mouvements politiques est fonction du nombre de voix obtenues. Son montant est de 1,63€ par voix obtenue. Plus la formation recueille de suffrage plus elle engrange de l'argent.
L’aide est diminuée en cas de non respect la règle de la parité homme-femme imposée par la loi.
« la deuxième fraction » de l’aide publique est un montant forfaitaire lié au nombre de représentants parlementaires (député ou sénateur) se réclamant d’une formation politique. Ce montant est de 44.394€ par député ou sénateur rattaché.

Le remboursement des frais de campagne.
Pour des raisons d’égalité de représentation, un candidat ne peut dépenser plus d’un certain plafond pour être élu. Ce seuil est fixé à 38.000€ + 0.15€ par habitant de la circonscription. Ce montant visent à couvrir les dépenses incompressibles (bulletins de vote, affiches et professions de foi) et les dépenses de fonctionnement (local, personnel, déplacements, …).
Si le candidat élu a dépensé plus qu’autorisé, la sanction est l’inéligibilité.
Les dépenses de chaque candidat sont strictement contrôlées par une commission indépendante, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), sous le contrôle des juridictions administratives. La loi impose à chaque candidat un mandataire financier qui peut être une personne privée ou morale.

Pour bénéficier d’une aide pour ses frais de campagne, le candidat doit obtenir au minimum 5% des suffrages exprimés au premier tour.
Le remboursement n’est fait que sur 50% du seuil et seulement de son apport personnel de sa campagne (emprunt ou fortune personnelle) ; les sommes allouées par les formations politiques ne sont pas remboursées.

Il existe une autre source de recettes pour les candidats et formations politiques : les dons. Mais ces soutiens privés, défiscalisées à 66%, sont plafonnés : 4.600€  par candidat et 7.500€ par formations politiques.