Après Frédérique Heurguier, candidate du Parti Socialiste venue le 10 mai dernier, c'est au tour de Guénhaël Huet, candidat libre et indépendant (divers droite) accompagné de son suppléant Albert Bazire de tenir meeting à St Pois cinq jours plus tard, le 15 mai 2007.

La réunion s'est tenue à la salle des associations. Aucun incident technique n'a été relevé au cours de la réunion contrairement à celle de la candidate socialiste.

Environ 70 personnes étaient présentes dans la salle, le double d'audience par rapport à la réunion de la candidate Heurguier. Il est vrai que le candidat de droite est sur un terrain acquis à droite traditionnellement conservateur comme l'ensemble de la circonscription, sans être encore conquis par le candidat Huet.

Le temps que les gens arrivent et s'installent le tandem Huet/Bazire aidé de quelques supporters agrafent sur le mur la banderole "Guénhaël Huet, un député vrai pour le sud-Manche".

Casimir_LechevalierChenelVers 20h45 la réunion débute par deux présentations vite  expédiées faites par deux élus locaux Casimir Lechevalier, maire de Saint-Pois et Gérard Chenel, maire de Lingeard et conseiller général du canton de St Pois.
Les deux élus, leur allocution terminée, restent assis a proximité du candidat et de son suppléant.

Le candidat libre et indépendant prend la parole. On entre dans le vif du sujet.

Tout d'abord le candidat Huet présente son suppléant Albert Bazire tout nouvellement désigné. Il explique pourquoi il a choisi le maire et conseiller général de Sourdeval comme suppléant : "c'est un homme d'engagement et de conviction".

l'intervention de Guénhaël Huet (21h50) :

1. "quel est le sens de mon engagement?"
"Chacun a la possibilité et le droit de se porter candidat à toutes les élections. Encore faut-il avoir une motivation, des raisons."
HuetLe candidat Huet propose son "engagement au service du sud-Manche". Selon l'orateur le ticket permet une répartition des candidats sur le territoire : "(...) Albert Bazire le Mortainais et Guénhaël Huet l'Avranchin. (...) L'équipe Huet/Bazire, c'est une équipe d'hommes de terrain".
Le maire d'Avranches affirme qu'ils ont "la légitimité du terrain" et il l'explique : "pour bien représenter et défendre la circonscription, il faut bien la connaître. Il faut être là depuis un certain temps."
Le maire d'Avranches précise qu'il est sur le territoire depuis 23 ans et Albert Bazire depuis plus longtemps encore.
"Le terrain ne s'apprend pas dans les livres à l'ENA" affirme Guénhaël Huet, précisant au passage qu'"il ne fait pas d'attaque envers qui que ce soit". Mais il rappelle quand même que "la légitimité du terrain est plus important que la légitmité de Paris".

2. un projet pour le sud-Manche et pour le pays.
Le candidat libre et indépendant rappelle le rôle du député. "Le député a une double fonction :

  • nationale : voter les lois, fabriquer le budget de l'Etat et contrôler l'action du gouvernement,
  • locale : le député représente la circonscription. Défendre et représenter la circonscription nécessite de bien la connaître".

les propositions du candidat  :

  1. "il faut redonner au travail sa vraie place, c'est-à-dire la première. il faut que les revenus tirés du travail soient supérieurs aux revenus du non travail. (...) Il ne faut pas supprimer les mécanismes de solidarité (vieillesse, accident de la vie, maladie). Il ne faut pas confondre la solidarité avec l'assistanat qui est mauvais, nocif. (...)".
  2. "il faut sauvegarder le système de protection sociale. La France a le meilleur système de solidarité du monde". Le candidat Huet rappelle la création des régimes sociaux après la guerre, le bon fonctionnement pendant 40 ans en raison de la croissance économique et les premières difficultés dans les années 1975 avec les chocs pétroliers et les crises économiques qui s'en suivent.
    "le système de solidarité rencontre des difficultés financières qui mettent en danger l'assurance maladie et la vieillesse. il est nécessaire de faire des réformes douces pour préserver le système, notamment payer les pensions des retraités".
  3. "il faut réduire la dette publique". L'orateur rappelle son montant : 1200 milliards d'euros. "Il faut la réduire pour les générations futures et pour nous. Pour rembourser la dette, on doit payer des impôts sur les ménages et sur les entreprises. Cela, c'est de l'argent en moins pour consommer (les ménages) et pour investir (les entreprises). Cela engendre moins de croissance économique, donc moins de création d'emplois, moins de rentrer d'argent pour la sécurité sociale et pour les collectivités locales. (...)
    "Réduire la dette : c'est un moyen mais aussi un objectif qui ne peut ce faire que sur une échéance de 10-15 ans
    " précise le candidat.
  4. "il faut sauvegarder les services publics en milieu rural. Depuis 25 ans la décentralisation a été mise en place, ce qui signifie moins de compétences de l'Etat au profit des collectivités territoriales". Le maire-conseiller général estime que les écoles, les perceptions, les bureaux de Poste auraient dû être délégués, transférés vers les collectivités locales.
    Selon le candidat avec la décentralisation "on devrait supprimer des emplois à Paris et non en Province. Eh bien non, en pratique, c'est l'inverse. Depuis 25 ans les ministères ont augmenté leur effectif alors que leurs compétences ont diminué". M. Huet donne quelques informations sur le salaire d'un administrateur civil (dans un ministère), 4.000€ et celui d'un instituteur, 1.300€. Le candidat fait un simple calcul : "on supprime un poste d'administreur, on sauve 3  postes d'instituteurs!"
  5. "il faut préserver l'agriculture, l'une des richesse de nos régions". il reconnait que "le métier à évolué depuis 25 ans : les techniques, les modes d'exploitation, ... ont changé".
    Ses solutions : "1- le revenu des agriculteurs doit être tiré plus de la production agricole et moins des subventions et 2- il faut faciliter, favoriser l'installation des jeunes agriculteurs."
  6. "il faut préserver l'environnement. L'environnement est au coeur de nos conduites et de nos actes. On ne peut pas laisser aux générations futures un environnement dégradé. Cela suppose des efforts de chacun".  Le maire-conseiller général d'Avranches souhaite développer le tri sélectif, les économies d'énergie et de l'eau, "source rare".
    Sur ce thème, il évoque un sujet sensible sur le canton de St Pois, le CET (centre d'élimination technique ... des déchets ménagers) qui pourrait être installée à Cuves. Le candidat y est opposé, de même il n'est pas favorable au site d'Isigny-le-Buat. L'autre lieu envisagé, St George de Roualley, le candidat demande un débat ...

En conclusion de son intervention, il rappelle son engagement total avec Albert Bazire, sans attaque envers qui que ce soit.
il laisse la parole à son suppléant après quelques applaudissements.

l'intervention d'Albert Bazire (21h35):

BazireIl précise d'entrée ne pas vouloir rappeler ses fonctions [maire et conseiller général de Sourdeval] "sauf que je m'occupe au Conseil Général du commerce et de l'artisanat".
Il dit connaître et travailler avec Guénhaël Huet depuis longtemps. Il rappelle son hostilité au parachutage de Philippe Bas, précisant "être un des premiers élus à s'être manifesté contre ce parachutage". Il estime qu'"il y a des gens compétent dans le sud Manche. C'est ma conviction et celle de Guénhaël Huet".
A. Bazire souhaite "la simplification des choses administratives". Il "compte sur Guénhaël Huet s'il est élu d'aller dans ce sens".
Il rappelle sa volonté de ne pas subir le "diktat de Paris".
Il souhaite des "élus accessibles : Guénhaël Huet en est un, c'est un bon candidat pour le sud-Manche".
Fin de l'intervention.

le débat / les questions réponses (21h45)

  1. "les lourdeurs administratives, on en entend parler depuis des années mais cela ne s'arrange pas!" questionne un maire rural qui est confronté au quotidien à cette problématique d'autant qu'il n'a pas un niveau d'étude important, de personnel pour conseiller.
    Le maire d'Avranches répond qu'il pratique le droit depuis 25 ans. "Le droit n'a pas été simplifié. En France il y a trop de textes."
    "Les élus ne doivent pas laisser les fonctionnaires faire le travail à leur place, décider à leur place. La haute fonction publique, la technocratie a trop de poids. il ne faut pas confier des mandats électifs à des hauts fonctionnaires (ENA, Cour des comptes, mines) sinon on va à la catastrophe" (...).
  2. deux questions posées par la même personne: l'une sur le syndicat mixte défendu par le candidat et l'autre sur la gestion de l'espace.
    Guénhaël Huet avant d'expliquer ce qu'est un syndicat mixte rappelle le constat suivant : "l'Avranchin a un développement économique supérieur au Mortainais. (...) Cette croissance est liée à l'A84 et la RN 176".
    "Le syndicat mixte est le seul outil,moyen pour répartir les richesses dans une région. (...) Il en existe déjà dans la Manche à Cherbourg, St-Lô et Coutances. Pourquoi n'en existe-t-il pas dans le sud-Manche".
    publicLe candidat évoque des problèmes relationnels entre Jean-François Legrand, président du Conseil Général d'une part et René André , ancien député et  Jean Bizet, sénateur d'autre part.
    Il affirme que 10 à 12 communautés de communes sur 16 dans le sud-Manche sont favorables au syndicat mixte mais "rien n'est fait". Guénhaël Huet souhaite mettre en place le syndicat mixte avant la fin de l'année.
    Il explique son fonctionnement : "c'est une association de communautés de  communes" et précise son mode de financement qui est double. La première ressource est la taxe professionnelle payée par les entreprises. Au lieu qu'elle soit versée à la communauté de communes, elle le serait au syndicat mixte. La seconde ressource est la subvention du Conseil Général de la Manche. M. Huet affirme que le CG 50 aurait versé 5,5 millions d'euros aux SM existants [chiffres sous toute réserve].
    Avec ces recettes, il serait possible, selon Guénhaël Huet, de désenclaver la Mortainais en modernisant les routes et lignes ferrovières, ce qui permettrait son développement économique. Il cite les voies suivantes : la RN 176 (axe le Teilleul, St Hilaire, Pontaubault), l'axe Vire-Sourdeval-Mortain-St Hilaire et la ligne SNCF Paris-Granville.
    A la deuxième question sur l'aménagement de l'espace rural, le candidat répond qu'"il existe des textes (SCOT, PLU) qu'il faut appliquer, si besoin les simplifier".
  3. question sur le non cumul des mandats.
    Le maire d'Avranches dit que "la loi de Jospin sur le non cumul des mandats est une bonne loi. 2 mandats sont suffisants. S'il est élu, il abandonnerait le mandat de conseiller général" [du canton d'Avranches].
  4. question de sa réintégration dans l'UMP s'il est élu.
    le candidat : "il y a 577 circonscriptions en France. A chaque élection il y a des situations où quelque soit le parti politique, Paris essaie d'imposer des candidats.
    L'investiture c'est Paris qui décide. (...) Sur le terrain il arrive que cela ne soit pas accepté". (...) Le candidat local généralement l'emporte sur le candidat investi. (...)
    Le parti politique reconnait toujours le résultat des urnes et demande au candidat non investi s'il veut réintégrer le parti
    ".
    Rajoutant : "Si dans les 3 semaines il y avait des pressions, cela ne me gênerait pas. Au contraire, cela me renforcerait et se poserait la question de réintégrer ou non l'UMP".
    Il poursuit : "un député seul est inefficace. Il faut appartenir à un groupe et sa famille c'est l'UMP". (...) Il dit avoir vocation de réintégrer l'UMP s'il est élu précisant qu'actuellement il est en congé.
    M. Huet répète qu'il ne fera aucune attaque personnelle, mais affirme que la personne investie [Philippe Bas] a essayé d'être investi dans 3 autres circonscriptions : "la 2e circonscription est la 4e tentative".
  5. question sur la procédure de l'investiture UMP dans la Manche.
    L'explication donnée par le candidat est assez technique mélangeant statut de l'UMP (national, départemental), votes, .. [pas de compte-rendu à ce sujet pour éviter des erreurs]
  6. "Faut-il fermer l'ENA?" interroge un participant.
    Le candidat Huet est favorable considérant l'ENA comme une école inégalitaire.
  7. question sur la carte scolaire.
    L'orateur n'est pas partisan à la suppression de la carte scolaire. "Le libre-choix pourrait nuire aux écoles. L'école c'est la richesse de la commune, il faut éviter leur suppression".
  8. question sur la position du candidat Huet sur la THT (ligne très haute tension).
    "Je ne suis pas un antinucléaire et je ne vais pas l'être pendant la campagne. (...) Le nucléaire, c'est indispensable à la production énergétique en France" répond le candidat complétant qu'"il ne faut pas un tout nucléaire. Il faut diversifier. Il faut promouvoir d'autres sources d'énergie : l'éolien, le solaire, la biomasse".
    Pour le candidat le nucléaire pose deux problèmes : la sureté (accident) et le transport (atteinte à l'environnement avec les pylones).
    Sur ce dernier point, M. Huet fait 2 propositions : 1- la vente d'électricité à l'étranger pourrait financer l'enfouissement des lignes sur certains tronçons. Autre piste la possibilité d'utiliser des lignes THT existantes sous utilisées. 2- la vente d'électricité EPR aux autres régions limitrophes (Bretagne, Pays de Loire, Haute-Normandie) qui pourrait être gérée par le Conseil Régional de Basse-Normandie. "Le  Conseil Régional procède déjà à des coopérations avec d'autres régions (baie du Mont St Michel, transport, ...)"...
  9. dernière question sur ... les 35 heures.
    Pour Guénhaël Huet "les 35 heures, c'est une catastrophe. C'est gagner plus en travaillant moins."

Le candidat remercie l'assistance, répétant qu'il soutiendra le sud manche s'il est élu et propose à l'assistance le verre de l'amitié.
Les chaises sont enlevées pour faire de la place. C'est l'occasion autour d'un petit verre de vin de discuter de la pluie et du beau temps, des labours, vêlage et accessoirement politique.
J'ai fait à cette occasion connaissance de plusieurs personnes dont un montpelliérain de passage dans la région. Avec ce dernier, une discussion intéressante a été engagée sur le paysage politique d'après l'élection présidentielle et autres sujets.

En conclusion le candidat Huet laisse une plutôt bonne impression. Un de ses supporters l'a trouvé meilleur ce soir qu'à la réunion précédente, la première d'après la présidentielle, à Isigny le Buat. Une question de rodage vraisemblablement.
Je l'ai trouvé égal à lui même, serin, convaincu dans ses propos sans être toujours convaincant (ex transfert des services publics vers les collectivités locales).
Il dit ne pas attaquer personnellement son adversaire direct, Philippe Bas. Effectivement il ne cite pas son nom, mais tout est en sous-entendu à travers ses critiques à l'encontre de la haute-fonction publique, de l'ENA, ...

Prochain candidat visité : Philippe Bas mercredi 30 mai à Saint Pois, commune référence pour le 1er tour de la campagne des élections législatives.