Le titre du message est extrait du commentaire de Pierre-Marie Puault, journaliste de France 3 Basse-Normandie, dont son dernier reportage (vendredi 27 avril) est mis en ligne à la fin de cet article.

Depuis jeudi une vingtaine de militants de l'association écologique Greenpeace occupe le site de Flamanville (50) où doit se construire la future centrale EPR (1). Cette action vise à interpeler les deux candidats au 2e tour de l'élection présidentielle (Nicolas Sarkozy, UMP et Ségolène Royal, PS) sur l'opportunité de la construction d'un tel réacteur nucléaire (dit de troisième génération) et à demander l'abrogation du décret du 11 avril 2007 autorisant la construction de ce nouveau réacteur à Flamanville.

Rappelons que la construction de l'EPR ne sera pas sans incidence pour le sud-Manche. Ce réacteur doit fournir de l'électricité dans la région Maine-Anjou. Pour acheminer cette énergie, une construction d'une ligne très haute tension (400.000 volts) doit traverser en longueur le département et notamment notre circonscription.

Cette ligne inquiète naturellement riverains (regroupés ou non en collectifs et associations) de cette future ligne qui va balafrer le territoire (le Mortainais) pendant des dizaines d'années et assombrir encore davantage l'avenir de l'est de la circonscription, déjà "plombée" par sa démographie en recul et vieillissante, son infrastucture routière moyen-âgeuse, son sous-développement économique, son mal-vivre (taux de suicide supérieur au national), ... Ce cercle vicieux n'incite pas, loin de là, entreprises et particuliers à venir s'installer sur ce territoire.

La ligne très haute tension aurait pu être "vendue" contre l'engagement de l'Etat d'engager de lourds investissements dans le Mortainais pour le désenclaver et notamment le raccrocher à un réseau autoroutier permettant  d'attirer PME et industries, de conserver les jeunes sur le territoire et d'attirer de nouveaux habitants. Un cercle vertueux serait alors initié.
Cette contrepartie aurait été un moindre mal même si on peut s'interroger pourquoi rien a été fait dans cette partie de ce territoire pendant de si nombreuses décennies et qu'il faille accepter ces lignes pour le sortir de cette situation.
Cette suggestion naturellement n'a jamais été faite par quiconque (Etat, élus, ...).
Cela n'est guère étonnant.
Rappelons que la nucléarisation du département de la Manche (le centre de retraitement des déchets nucléaires dans la Hague, la centrale nucléaire de Flamanville, le centre d'enfouissement des déchets toujours dans la Hague) s'est faite sans réelles contre-parties.
L'installation dans notre département de ces établissements nucléaires, dangereux par essence, aurait dû être réalisée sous condition du désenclavement routier (construction d'autoroutes) et ferrovière (électrification des lignes Paris-Cherbourg et Paris-Granville). A l'époque la situation du département était équivalente à celle actuelle du Mortainais.

Il a manqué à l'époque dans la Manche d'élus et hommes politiques capables de défendre les intérêts du département et de ceux/celles qui y vivent et viveront. Ces erreurs ou inactions, on les paie cash aujourd'hui.
Il est dommage que le département n'ai pas eu en son temps des hommes de la trempe d'Alexis Gourvennec, récemment décédé, au lieu des Jozeau & Co ...
Encore aujourd'hui, il serait certainement plus opportun que certains de nos élus dépensent leur énergie plus au développement de leur territoire que, par exemple, à la promotion des biotechnologies dont on connaît leur danger tant sur la sécurité alimentaire, sanitaire, ... qu'à la dépendance des agriculteurs face aux compagnies transnationales semancières.

La situation n'est pas dramatique : le désenclavement de la Manche est en cours (électrification ligne Paris-Cherbourg, A84) mais pas terminé (électrifiction ligne Paris-Granville, désenclavement du Mortainais, ...), mais que de gachis et de temps perdu!

Lors du 1er tour de l'élection présidentielle, dimanche dernier, les populations concernées par les lignes THT auraient pu donner un signal fort aux élus et à l'Etat pour dénoncer ce projet, en votant pour des candidats hostiles à l'EPR et à la "THT" : Dominique Voynet (les Verts), José Bové (qui s'est déplacé courant avril à Isigny le Buat), Ségolène Royal (qui s'est engagée à remettre le dossier EPR à plat). Ces candidats réalisent un score faible sur la circonscription au profit de candidats conservateurs favorables à l'EPR et aux lignes THT.
Allez comprendre.

pylone_400000_voltsUn ami me disait très récemment : "il faut croire qu'ils [les opposants] préfèrent avoir un pylône de 400.000 volts dans leur jardin que de remettre en cause leur vote, conservateur par tradition (...), qu'ils ne viennent plus maintenant pleurer ..."
Jean Bizet, maire du Teilleul et sénateur de la Manche, dans les colonnes de Ouest-France mardi dernier analysait très justement (même si je ne partage pas sa conclusion) les résultats du 1er tour dans la 2e circonscription : "Pour moi les grands perdants sont les écologistes. nous aurions pu penser que l'EPR et la ligne très haute tension leur apporteraient des voix. Ce n'est pas le cas. J'en déduis que notre région s'est ainsi prononcée pour le saut technologique".
Gens du Mortainais et d'ailleurs, j'ai bien peur que votre combat contre l'EPR et la THT se soit terminé au soir du 1er tour et que l'avenir de votre territoire s'annonce malheureusement des plus sombres.

Pour revenir à l'actualité brulante, François Dufour, candidat "alternative citoyenne" à l'élection législative dans la 2e circonscription, a interpellé dans un reportage de France 3 Basse-Normandie (diffusé le 27 avril) Ségolène Royale, candidate PS au second tour de l'élection présidentielle sur sa position sur l'EPR.

le reportage de France 3 Basse-Nomandie (diffusé le 27 avril) :


EPR et de réaction François Dufour
envoyé par legislatives07sudManche

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Je n'imagine pas que les habitant(e)s de la circonscription et autres soient indifférents(e) à ces problématiques.

(1) Greenpeace a cessé hier l'occupation du site car menacée de sanctions financières importantes par EDF, promoteur du projet EPR.