Du monde ce soir à Saint-James pour voir et entendre l'ancien premier ministre Jean-Pierre Rafarin.

Après une légère fouille à l'entrée par une personne de la sécurité, le public est accueilli par de jeunes militant(e)s UMP.
Distribution de tracts incitant à rejoindre le comité "les étudiants avec Sarkozy". Mais vu l'âge avancé des personnes présentes, j'ai quelque doute sur le succès de cette opération.
Où étaient donc les jeunes ce soir? devant la TV à regarder les Experts ou la Nouvelle Star? Dommage pour eux car même si ne n'était pas un concert, la tête d'affiche méritait le déplacement.
Jean Pierre Rafarin annoncé un peu en retard (une demi heure), les organisateurs ont eu la bonne idée, pour faire patienter, de diffuser de la musique ....... techno. Le meeting transformé en rave, avec distribution d'ecstas à l'entrée! Non je plaisante. Néanmoins, cette programmation musicale est plus que surprenante au regard de la manifestation et du public présent (plus réceptif a priori à Nicoletta qu'à Carl Cox).

Enfin, vers 19h15, Jean Pierre Rafarin, jovial, arrive dans la salle suivi par le ministre et candidat Philippe Bas. Standing ovation. Déplacement vers la scène avec au passage poignées de mains en série.

UMP_50Le gratin de l'UMP de la Manche accompagne l'invité de marque sur scène : Michel Thoury (maire de St James, conseiller régional), Claude Glatignol (député - Valognes), Alain Cousin (député - Coutances/Granville), Jean Bizet (sénateur), Jean-François Legrand (pdt Conseil Général), René André (ex député).

Commencent les discours.
Tout d'abord Michel Thoury, l'hôte, fait part à l'assistance de l'honneur de recevoir une telle personnalité à Saint-James, quelques allusions au terroir et au Mont Saint-Michel (et à son archange), puis laisse le micro, à Jean Bizet qui présente Mr Raffarin: "l'homme aux réformes" (retraite, assurance maladie, décentralisation), "l'homme au parlé vrai".
Puis intervient Jean François Legrand. Nouvel hommage au premier ministre qui "a redressé la situation de la France". Soutien au candidat présidentiel UMP : "parce que j'aime la France, je voterai Sarkozy".

P_BasLe dernier chauffeur de salle a se présenter est le candidat Philippe Bas. Il prévient d'avance que son discours sera plus long que ses prédécesseurs. Effectivement il le sera ... trop long. D'autant que, défaut de jeunesse, il n'a pas encore le verbe, l'entrain naturel des plus anciens pour capter l'attention du public. Tout le monde connaît le dicton : "c'est en forgeant qu'on devient forgeron". On ne nait pas tribun, on le devient.
Le discours, là, est plus politique et offensif : défense du bilan gouvernemental : "il ne faut pas démolir les réformes engagées, ne pas laisser dénaturer, dénigrer les actions passées", attaque de la gauche : "la gauche n'a pas le monopole du coeur, elle a le monopole de l'immobilisme", "la gauche : la parole remplace l'action", piques vis-à-vis de François Bayrou auquel il est reproché d'"hésiter entre la droite et la gauche". Et reprise du programme présidentiel de Nicolas Sarkozy : mise en avant du travail (en opposition à l'assistanat) avec le slogan "gagner plus en travaillant plus".
Il clôture son intervention à la mobilisation pour la présidentielle et les législatives.

JP_RafarinIl est 20h45 lorsqu'arrive au micro, la démarche débonnaire, Jean-Pierre Rafarin.
Après les remerciements d'usage aux personnalités présentes, le soutien institutionnel à Philippe Bas "si j'habitais le sud-Manche, je voterai pour lui", il présente les principaux thèmes de son discours :

  • la défense de son passage au gouvernement (mai 2002 - mai 2005) à travers 3 points : la paix et l'image de la France dans le monde ("la paix ne peut être imposé que par les équilibres entre les continents et non imposé par un pays" : allusion au non engagement de la France auprès des USA dans la 2ème guerre contre l'Irak), l'emploi (il a hérité "d'un chômage en forte hausse, il a laissé à sa sortie un chômage en forte baisse"), les réformes ("on entend dire que le pays serait inréformable. Ce n'est pas vrai (ex retraite, assurance-maladie, décentralisation, ...)",
  • la présidentielle 2007 : comparaison des programmes des 3 principaux candidats : projet trouble pour la candidate socialiste, projet virtuel pour François Bayrou et projet authentique pour le candidat UMP.
    - Attaque en règle contre Ségolène Royale ("elle ne dit pas la vérité", critique de sa gouvernance en région Poitou-Charentes) et son programme trouble socialiste ("généralisation des 35h au PME, naturalisation des immigrés, ...").
    - le projet virtuel de François Bayrou : "pour réformer la France, il faut que le Politique cherche dans la société civile des alliés (ex réforme des retraites réalisée avec l'appui de la CFDT)". "François Bayrou propose une coalition, c'est à dire une négociation dans le Politique et non à l'extérieur". Pour l'ancien premier ministre, cette situation "ne peut conduire qu'à une crise", citant l'exemple de l'Italie du gouvernement Prodi.
    Par ailleurs, JP Rafarin fait référence aux réformes des institutions "la VIe République" souhaitées par la candidate socialiste et le candidat centriste. Il défend la régime institutionnel actuel qui a fait ses preuves, en déjouant des crises (cohabitations, ... ).
    Il soutient et défend le programme nucléaire du gouvernement et promeut la construction de l'EPR avec une raffarinade : "si on ne fait rien, on arrivera à des éoliennes à l'uranium" (rires dans la salle).
    - le soutien inconditionnel à Nicolas Sarkozy : l'orateur "le connaît bien".
    "Nicolas Sarkozy et son programme sont en osmose".  En 3 mots : humanisme (la valeur du mérite : récompenser ceux qui travaillent), social (défiscaliser les heures supplémentaires, soulager les PME des tracasseries administratives, ...) et européen (présentation d'un nouveau traité européen moins institutionnel, plus protecteur des citoyens et entreprises face à la mondialisation).

Au bout de 45 minutes et quelques verres d'eau, le discours s'achève par la Marseillaise reprise en coeur par le public.

Le meeting se clôt par la remise d'un cadeau made in St James à l'invité: le tricot du même nom, offert par Mr Duval, directeur de l'entreprise.

Avant de regagner la ville sous-préfecture, j'ai échangé quelques mots avec l'ancien assistant parlementaire de René André, Alain Jacquet et le journaliste de la Manche-Libre Nicolas Thomas.

En conclusion, j'ai assisté à une soirée intéressante, avec un tribun , Jean-Pierre Rafarin, au mieux de sa forme. Un soutien de poids pour Philippe Bas.


Demain soir à 20h30: réunion publique (campagne législatives 2007) à Avranches de Philippe Bas, au centre culturel (théâtre).